Contre les référendums et la démocratie référendaire.

Le référendum c’est la négation de la démocratie représentative et des corps intermédiaires.
Il porte en lui la démocratie référendaire chère à l’extrême droite et aux populistes de tous poils.
C’est le fameux slogan populiste fasciste « Vos idées sont les nôtres ! » où le politique, pour le pouvoir, renonce à ses convictions.
Lorsqu’il n’y a plus dieu, le droit divin et le roi, les dictateurs et les régimes autoritaires cherchent une légitimité dans un "peuple" qu’ils inventent et dont ils font leur chose. Il s’agit de faire croire aux citoyens qu’ils se fondent dans un "peuple" qui existe dans un seul corps, une nation, un Etat, une politique, un homme, un chef, un duce, un président tirant sa légitimité du suffrage universel etc. Un homme au dessus de tout, des partis, des corps intermédiaires, des chambres. Un homme en lien direct et qui parle au nom du peuple pour finalement l’étouffer. C’est le populisme et dans le pire cas le fascisme ou le social-fascisme.
Le référendum, comme l’élection monarchiste française est d’essence droitière. C’est avec cette arme du référendum que Napoléon enterre définitivement la Révolution et établit son Empire et que le futur Napoléon 3 écrase la deuxième République.
Le référendum c’est la tentative de la droite et de l’extrême droite de saboter, PAR LA DROITE, l’Union Européenne au seul bénéfice du nationalisme. C’est hier encore l’aéroport dément conforté en Bretagne, c’est en Suisse le rejet du Revenu de base, en Islande la nouvelle constitution écrite par une assemblée populaire rejetée... Quels dégâts...
Le hold up des « non » sur le référendum de 2005
La crise de représentation est totale, le régime et sa représentation sont ILLÉGITIMES. Ainsi en 2005 une majorité va voter non quand la totalité des partis démocratiques parlementaires appellent à voter oui ! Le fétichisme abject du référendum de 2005 soi disant exemple de "démocratie" dont se réclame l’extrême gauche a été "gagné" avec un apport considérable des voix de l’extrême droite populiste nationaliste néo fasciste du F Haine, sans compter les gaullistes canal historique Dupont Aignan, Boutin et autres notables droitiers et les inénarrables communistes du "fabriquons" français, eux qui avait tant travaillé pour l’Est... Se réclamer d’une telle majorité est une honte. D’autant que des fédéralistes authentiques dont je suis ont aussi votés "Non" parce que le projet fédéral ne se donnait pas les moyens d’aboutir dans le projet constitutionnel proposé. Depuis j’assiste à la récupération de mon "Non" par un front uni incluant les voix du F. Haine ! En réalité le oui démocrate à été largement majoritaire par rapport au non démocrate en 2005, voilà la réalité. Ceux qui parlent d’un Non majoritaire sont des alliés du F Haine, adepte du front uni avec le F. Haine, honte à eux.
En réalité la majorité aurait voulu amender cette constitution et non le rejeter. Le référendum ne permet pas d’amender car il est manichéen et diviseur dans son principe abject. Enfin ceux qui disent que le "non" à été trahi ensuite oublient que la quasi totalité des pays ont dit "oui" très largement et qu’il convenait de le prendre en compte au niveau européen où les deux pays du "non", "non" de justesse, étaient ultra minoritaires.
C’est encore avec l’arme du référendum que la droite française bonaparto-gaulliste légitime son coup d’État en 58 puis assassine la République en 62 en introduisant l’élection du président au suffrage universel. Le référendum appartient à la culture de droite, au duce. Le dictateur tente d’établir un lien direct entre l’invention qu’est le « peuple » et lui en passant par dessus les partis et les corps intermédiaires dont les contre pouvoirs. Le fait que je donne toujours raison au peuple est la preuve que j’ai toujours raison puisque je suis le peuple, du verbe suivre et du verbe être, incarner.
Le référendum c’est aussi l’art de répondre par oui ou par non à une autre question que la question généralement mal posée ! Question méritant le plus souvent autant d’arguments pour le oui que d’argument pour le non. Question qui pourrait aussi mériter une autre réponse que ce manichéisme, réponse qui pourrait être amendée.
Un référendum, c’est un piège à citoyens, un plébiscite à disposition des puissants. Question le plus souvent manichéenne. Le peuple doit dire oui ou non et pas un mot de plus, puis se taire. Processus Canada dry de la démocratie. La manipulation des appareils d’Etat, médias, gouvernements, argent, machines à abrutir se met en marche. Le peuple en sort divisé entre deux camps hostiles. Un référendum peut être l’instrument idéal du populisme voire du fascisme. La conséquence d’un référendum est donc généralement une carte blanche pour le pouvoir renforcé devant un peuple divisé.
Le oui plébiscite souvent celui qui a posé la question et peut en faire un dictateur
Le non peut aussi ne pas répondre à la question mais viser à se débarrasser du questionneur, exemple de de Gaulle en 69. Ce peut être heureux mais c’est vicieux...
Si les citoyens étaient VRAIMENT représentés par une Chambre paritaire et largement proportionnelle sans cumul des mandats, et par une deuxième chambre tirée au sort, nous pourrions avoir un avis plus avisé et plus fin qu’un oui ou qu’un non, et un accord exprimé avec l’avis des citoyens réellement représentés et consultés.
Un bon statut de l’élu,
le non cumul strict,
la limitation à deux mandats successifs,
la transparence et la suppression d’avantages abusifs, cagnotes parlementaires etc.,
la proportionnalité large, le respect de fortes minorités dotées de moyens et d’expression, et la parité dans une assemblée élue, `
une majorité claire, prime au gagnant à l’issue du deuxième tour, sans « combinazione »,
la présence d’élus tirés au sort au prorata des votes blancs dans l’assemblée élue,
les CONVENTIONS CITOYENNES, dotées de moyens d’expertise et d’information, entièrement tirées au sort et doublant, tel le Sénat et remplaçant le Sénat au niveau national, les assemblées nationale et régionales, la délégation européenne et les Conseils Municipaux,
l’aide et la reconnaissance du statut d’utilité publique pour les associations de lutte contre la corruption comme Anticor,
tout cela contribuera, avec les procédures actuelles de levée d’immunité, à veiller au bon travail et à la bonne éthique des élus dans une 6ème République digne de ce nom.
Dés lors la « révocation » normale ou la « reconduction », sera l’ÉLECTION enfin démocratique et représentative, démocratique parce que représentative.
Nous souffrons aujourd’hui de n’avoir pas d’assemblées et de démocratie représentatives et ce n’est pas en supprimant ce que nous n’avons pas, en jetant le bébé avec l’eau du bain, en passant à la démocratie référendaire de l’extrême droite et de Mélenchon que nous obtiendrons une DÉMOCRATIE VIVANTE.
Le scrutin proportionnaliste intégral et la pratique référendaire associés à un régime fort, comme c’est au goût du jour, c’est la voie ouverte au fascisme.
La démocratie vivante et apaisée d’un coté et la démocratie référendaire de l’autre s’opposent et s’excluent. Les républicains et démocrates, les Esprits Libres ont tôt fait leur choix.

 

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